27 juillet 2004

reflexions intimes

Les journaux intimes en ligne fleurissent, chacun y expose ses pensées et ses tourments en toute absence d’intimité. Comment peuvent ils faire pour se dévoiler à la masse de pervers, d’idiots et d’inconscients qui arpentent le net ? Et encore pire, comment peuvent ils offrir leurs pensées aux quelques dernières personnes saines d’esprit arpentant encore la toile d’araignée la plus vaste et la plus médiatisée au monde ??

Mes pensées sont miennes et je ne veux les partager qu’avec un nombre de personnes très restreint. Trop restreint ? certains le diraient mais… qui pourrait me donner le nombre de personnes « normal » auxquelles confier mon cœur ? Qui pourrait me démontrer que me confier à une machine et une personne est « moins normal » que d’exposer son cœur à tous ceux qui voudraient le lire ? à tous ceux qui pourraient le détruire sans même le connaître, d’une simple réaction écrite dans une page d ’un de ces journaux internets ?

Voilà pourquoi j’expose maintenant mes rêves sur ce clavier, cette page qui se couvre de caractères au fur et à mesure de mes frappes, sans que rien ne vienne arrêter le tourbillon de mes réflexions.

La vie est une garce, elle s’offre à nous sans que nous l’appelions, elle nous hante, nous pousse à toujours avancer, toujours grandir et quand nous commençons à l’apprécier elle nous quitte… Comment faire pour la satisfaire quand son seul et unique but final est de nous quitter ? Au fond, pourquoi tenter de la satisfaire en sachant que quoi qu’on fasse elle nous quittera tôt ou tard ?

Ceux qui ont déjà aimé sans espoir de voir leur amour devenir réciproque savent de quel sentiment je parle. Ceux qui ont déjà aimé d’un amour franc en sachant que jamais ils ne seraient aimé en retour comprennent quels sentiments m’animent dans ces pensées si sordides…

Et pourtant je l’aime cette vie qui me quittera un jour, je l’aime de plus en plus à chaque instant. Ce qu’on dit est vrai, amour et haine sont très proches. Il y a six mois je la haïssais, je la maudissait de rester avec moi quand mon seul vœux était de tout oublier, de m’effacer pour voir mon âme se reposer enfin des coups et des blessures déjà reçus. Si jeune et pourtant si vieux, j’étais brisé, rompu, fatigué, nerveusement éreinté.

Et maintenant, me voilà, moi, de nouveau vivant. J’étais effacé, ombre parmis les hommes, fantôme sans goût, sans saveur et sans envie, je suis vivant, homme parmis les ombres, plein d’envies et de joie. …

En une semaine mes pensées ont tourné, changé… quel miracle a put organiser cette régénération ? Cette revitalisation qui parcourt chaque fibre de mon corps ? Je me sent neuf, réparé, prêt à reprendre ma vie où elle avait cessé. Certaines choses, bien que changées, reviennent en moi, certains sentiments que je croyais à jamais enfouis renaissent. Et pourtant je sais que cela ne durera pas, cela ne pourra pas durer sans elle, sans ses rires, ses chamailleries, sa petite voix si craquante qui hante mes rêves de plus en plus souvent…

Comment a t elle fait ? Pourquoi l’a t elle fait ? que va t elle en faire ? tant de question sans réponses, tant de question auxquelles j’ai peur de trouver une réponse…

Quoi qu’il en soit je n’y peux rien,  mes pensées, si troublées en cette période de crise, me paraissent s’éclaircir à chaque fois qu’elle paraît dans mon esprit. Tous les doutes s’effacent pour me laisser libre de ressentir l’instant et les émotions qu’elle m’apporte . Un amour qui, s’il n’est encore que balbutiant, promet de se renforcer à chaque instant. Mais ces mots je ne peux les lui dire, son cœur est trop fragile, son âme trop brisée pour qu’elle puisse accepter de les entendre, pour qu’elle puisse les assumer sans souffrance.

Nous sommes deux humains brisés qui renaissent ensembles, je n’ai pas le droit de l’écraser pour me relever, je dois l’aider et s’il le faut je devrais m’effacer pour lui laisser la place de vivre. Je sais déjà que cela arrivera mais… mais l’espoir est revenu en moi et une petite voie me souffle de ne pas baisser les bras trop vite et de croire en ces sentiments qui me hantent et me dévorent, en ce souffle nouveau qui brise tout sur son passage, qui détruit le building de mes certitudes, qui arrache chacun de mes doutes pour le déposer sur un bâtiment formé de bric et de broc, véritable œuvre d’art surréaliste de mes sentiments et de ma vie. Je ne suis plus un roc stable, solide et sans goût, sans saveurs. Je suis une création naturelle d’un sentiment trop puissant pour être arrêté par le mur que je pensais avoir créé entre lui et moi, je suis une marionnette entre les mains d’un dieu bien plus grand et fort que tous les autres. Ce dieu porte le doux nom d’amour et sa fille se nomme aujourd’hui Cécile…

Posté par nehuzel à 22:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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